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LE PANIER BIO QUI NE RETOURNE PAS A VIDE

Cirkle livre à domicile des produits bio dans des boîtes réutilisables qui servent ensuite à la collecte d’objets de secondes main ou de déchets recyclables. Un système de logistique inverse qui rejoint pleinement les objectifs environnementaux de l’économie circulaire tout en y ajoutant une valeur sociale.


Créé en 2008 sous le nom de Reason2be, Cirkle est une boutique en ligne qui a approvisionne les Bruxellois en produits alimentaires durables, c’est-à-dire bio et locaux. 80% des produits frais proviennent de fermes belges et leur qualité est garantie de la fourche à la fourchette.
Les débuts de l’entreprise sont modestes, mais la mobilisation en faveur du développement durable aidant, les commandes ont augmenté peu à peu. Malgré la crise, l’entreprise s’est développée pour répondre à la demande: engagement de personnel, achat de nouveaux véhicules et location d’un nouvel entrepôt. Le tout pour gérer des flux croissants de produits et de commandes.

Alors que ses camionnettes livrent quotidiennement des commandes dans la capitale et ses alentours, reprenant au passage les anciennes boîtes de livraison, Cirkle s’interroge sur la manière d’éviter le retour à vide de ses véhicules. Quitte à ramener les anciennes boîtes de livraison au dépôt, pourquoi ne pas rendre un service au client et à la collectivité en reprenant au passage toute une série d’objets dont les gens veulent se débarrasser? Ampoules, piles, bouchons en plastique, verre, cartouches d’imprimantes, vêtements, jouets, livres, … au total, Cirkle récupère aujourd’hui plus de 20 articles différents. Un service gratuit dont les bénéfices sont entièrement reversés à des associations caritatives. Les objets de seconde main sont directement confiés à des associations (Oxfam, Les Petits Riens etc.) tandis que les déchets recyclables valorisables sont revendus à des entreprises de recyclage. Tous les bénéfices générés via les déchets valorisables sont reversés, chaque mois, à une nouvelle association soigneusement sélectionnée par Cirkle. .

Cette innovation en matière de logistique inverse combine un impact social positif très fort avec une réduction des émissions de CO2 par l’optimisation des trajets de livraison et le réemploi d’objets ou le recyclage de matières premières. Cette économie de ressources est un nouvel exemple d’économie circulaire à Bruxelles. En 2015, les efforts de Cirkle en faveur de l’innovation durable ont été récompensés. Le fond d’investissement à impact social SI2 a en effet injecté 250000€ en faveur du développement de la PME. Cela justifiait bien un changement de nom. En juin 2015, Reason2be a donc été rebaptisé Cirkle en vue de s’identifier  encore mieux à l’économie circulaire.
 

   



5 questions à Ben Bramich, créateur de Cirkle :
 

  • A votre sens pourquoi est-ce important aujourd’hui de circulariser notre économie ?

C’est un fait, le modèle économique actuel n’est pas viable. Il fonctionne sur un mode linéaire :  des ressources naturelles sont exploitées en vue de créer des biens destinés à être consommés et jetés de sorte à générer le plus rapidement possible un nouveau besoin et donc plus de consommation. Or, les ressources naturelles sont limitées et l’impact des activités humaines sur l’environnement met en péril notre avenir et celui de nos propres enfants. Dès lors, il ne s’agit plus de savoir comment exploiter ces ressources en vue de produire plus mais bien de savoir comment les utiliser en vue de produire suffisamment sur le long terme. Trouver des solutions qui permettent de limiter la consommation énergétique, de produire des aliments sans appauvrir les sols, de récupérer un maximum les déchets générés par les activités humaines … Autant d’enjeux qui impliquent un changement radical de paradigme.

  • Quels sont les avantages à faire de la logistique inverse ?

L’approche nous permet d’être cohérents avec le projet global de l’entreprise. A travers les aliments que nous vendons, nous défendons une nouvelle agriculture, plus respectueuse de l’environnement, des animaux et des hommes. Mais pourquoi se limiter à l’agriculture et à l’alimentation si on a l’opportunité d’aller plus loin ? Notre service de livraison à domicile contribue à éviter que des familles ne se déplacent chaque semaine en voiture pour faire des courses, ce qui permet de réduire leur empreinte carbone. Le système de logistique inverse sur lequel est basé notre service de recyclage nous aide à réduire encore plus cette empreinte tout en générant un impact social positif. Dans la foulée, nous offrons un service supplémentaire à nos clients ce qui nous distingue de la concurrence. Un atout marketing non-négligeable qui prouve qu’il est possible d’entreprendre tout en agissant en faveur du développement durable et de la collectivité. La boucle est bouclée.

  • Faire participer les nombreux clients au service n’est pas chose facile ? Comment faites-vous pour les sensibiliser et leur faire respecter les consignes ?

Les clients sont extrêmement enthousiastes et ils peuvent suivre, à travers notre newsletter hebdomadaire et notre page Facebook, comment les objets qu’ils nous confient sont valorisés au profit de la bonne cause. 80% d’entre eux utilisent notre service de recyclage. Lors de sa première commande, chaque client reçoit un guide de recyclage qui reprend, objet par objet, les différentes consignes à respecter. En règle générale, cela se passe très bien. Et si un client ne respecte pas une consigne, nous lui envoyons tout simplement un email lui rappelant la marche à suivre.

  • Avez-vous de nouveaux projets pour prolonger la démarche ?

Nous sommes en permanence à la recherche de nouveaux objets ou déchets recyclables valorisables à inclure dans la liste des choses que nous collectons. A côté de ça, nous travaillons sur toute une série de nouveaux projets permettant de réduire notre impact sur l’environnement et/ou d’avoir un impact positif sur la collectivité. A l’heure actuelle, nous développons des partenariats avec des commerces de proximités ou des artisans dont les produits gagnent à être mieux connus. Une opération win-win : cela donne l’opportunité à des petits commerçants d’accroître leur base de client tout en nous permettant de proposer de nouvelles saveurs sur notre boutique en ligne. Il y a quelques temps, nous avons aussi mis en place un panier banque de fruits, qui permet à nos clients de faire des donations de fruits qui seront ensuite distribués aux plus démunis par l’association Serve de city. Grâce à ce projet, 370kg de fruits ont été distribués aux réfugiés du Parc Maximilien. Les possibilités de mieux entreprendre sont infinies. Il suffit d’un peu d’imagination et de volonté pour les mettre en place.

  • Des choses à faire sur Bruxelles pour que les initiatives d’économie circulaire percolent davantage ?

L’économie circulaire implique d’implanter au niveau local des solutions destinées à améliorer le système global. Malheureusement, en Belgique, les régions ont bien souvent tendance à travailler en vase clos, et ce même en ce qui concerne des thématiques transversales tels que l’environnement, le transport ou même la gestion des déchets. Cette fragmentation peut représenter solide obstacle pour un entrepreneur, d’autant plus s’il désire innover dans un certain domaine. Favoriser le dialogue entre les différentes instances fédérales pour créer une certaine cohérence législative et administrative entre les différentes entités fédérales du pays favoriserait, à mon sens, le développement d’initiatives d’économie circulaire tout en facilitant la vie des citoyens dans leur ensemble.


Plus d'infos sur www.cirkle.be/fr